L’empreinte du SP102 repose davantage sur des bandes de gomme connectées que sur des pavés capables de bouger séparément. Cette continuité limite le tortillement de la bande lors des changements de cap et rend les réactions au volant plus directes. La faible largeur de chaque bande tempère néanmoins cet avantage: les portions resserrées entre deux rentrants du motif restent plus faciles à déformer latéralement qu’une côte centrale large et rectiligne.
La succession de pointes et de creux crée des arêtes orientées selon plusieurs angles. Sous l’effet du roulement, celles-ci entrent en contact de manière décalée plutôt que simultanément, ce qui répartit les impacts de sculpture dans le temps. La répétition rapprochée de ces motifs et des petites entailles peut toutefois entretenir un bruit de frottement à large spectre, cohérent avec un niveau sonore de 72 dB.
Les incisions de densité moyenne constituent un compromis entre mobilité locale et volume de gomme. Elles ajoutent des arêtes capables de cisailler le film humide résiduel, sans transformer les nervures en une multitude de segments très souples. Leurs extrémités forment cependant des zones de concentration des contraintes: lors de freinages fréquents ou de manœuvres serrées, elles peuvent favoriser un léger arrondi des arêtes ou une usure en dents de scie.
Aux épaules, les encoches obliques donnent des points d’accroche latéraux tout en laissant les éléments reliés dans le sens circonférentiel. Cette combinaison favorise une prise d’appui progressive en courbe. En contrepartie, une épaule peu fractionnée épouse moins finement les irrégularités qu’une rangée de pavés indépendants et peut produire davantage de ripage lors des braquages à faible vitesse.