Sur le CH-W2002, les quatre séparations circonférentielles isolent cinq files porteuses relativement étroites. Cette faible liaison transversale autorise chaque file à prendre une orientation légèrement différente sous effort. La prise d’angle peut ainsi commencer sans réaction brutale, mais la contrepartie est un transfert moins direct entre le volant et l’empreinte: avant que l’épaule extérieure ne reprenne pleinement la charge, les rangées centrales ont déjà subi une part de cisaillement. Cette succession de petites déformations concorde avec une direction peu informative et une rupture d’adhérence difficile à anticiper.
Le rapport entre matière pleine et longueur totale de découpe est particulièrement faible autour de l’axe médian. Les ponts de gomme qui relient les différentes portions d’un même pavé supportent donc des contraintes localisées. Sur un revêtement sec et régulier, leur mobilité leur permet de se plaquer rapidement lors d’un freinage, ce qui correspond au bon niveau de décélération observé sur asphalte sec. En revanche, sous une sollicitation latérale prolongée, cette même mobilité incline les pavés avant que leur base ne transmette tout l’effort; le guidage devient moins précis que celui d’une sculpture dotée de bandes centrales plus solidaires.
Les deux épaules présentent la même architecture et aucune ne joue le rôle d’un large contrefort extérieur. Cette absence de spécialisation facilite la permutation des positions pour répartir l’usure, mais elle prive le pneu d’une zone particulièrement rigide lorsque la charge se reporte fortement vers l’extérieur en virage. Les pavés d’épaule, interrompus à intervalles rapprochés, peuvent également se coucher puis se redresser à chaque passage dans l’empreinte. Ce cycle favorise l’arrondissement de leur bord d’attaque et une usure en talon-pointe propre à ces éléments périphériques.
La disposition décalée des files centrales répartit les impacts sur plusieurs phases au lieu de produire une excitation parfaitement simultanée. Elle peut atténuer une tonalité unique très marquée. Toutefois, le nombre élevé de petits éléments multiplie les événements de contact par tour de roue; la signature acoustique devient alors plus large et les irrégularités de chaussée sont davantage audibles, même sans sifflement dominant.
La microflexion répétée des petits pavés et de leurs nombreuses découpes transforme une part importante de l’énergie mécanique en chaleur. Ce phénomène peut accélérer la mise en température de la bande de roulement par temps froid, mais il accroît aussi les pertes hystérétiques. Il contribue donc à la résistance au roulement élevée du CH-W2002 et peut accélérer l’émoussement des reliefs centraux lors d’un usage soutenu sur chaussée sèche.
Enfin, les rangées à dominante longitudinale ne constituent pas de larges palettes obliques capables de comprimer puis de rejeter une masse importante de neige. Dans une couche profonde, les petits éléments tendent à cisailler localement le matériau plutôt qu’à former un appui collectif; la roue creuse alors son logement plus facilement qu’elle ne produit une poussée utile. Sur glace, la forte mobilité des supports peut aussi provoquer la fermeture partielle de découpes voisines sous charge latérale: leur densité visuelle ne se traduit donc pas automatiquement par une accroche durable, notamment lorsque le véhicule approche de la limite d’adhérence.