La lecture mécanique de l’AS220 fait apparaître un contraste marqué entre ses rangées centrales très découpées et son épaulement composé de pavés plus volumineux. Sous une charge verticale, les éléments centraux allongés conservent une surface porteuse relativement importante, mais leurs nombreuses découpes diminuent leur section résistante. Le centre peut ainsi mieux absorber les petites irrégularités qu’une nervure pleine, au prix d’une mobilité accrue des pavés lors d’une conduite soutenue sur chaussée sèche.
Le contraste entre les deux épaules crée également deux niveaux de raideur. Les blocs longitudinaux les plus larges offrent un appui plus ferme lorsque la charge se déplace vers le bord de l’empreinte. À l’opposé, les pavés obliques et davantage séparés présentent une réponse plus progressive. Cette dissociation peut rendre l’entrée en appui moins brusque, mais elle demande une mise au point précise de la carcasse et des profondeurs de sculpture pour éviter qu’une rangée ne travaille davantage que sa voisine.
L’absence de nervure centrale pleine distingue enfin ce dessin d’un profil estival sportif classique. Les rangées centrales segmentées filtrent mieux les chocs courts et les raccords de chaussée, tandis que leur flexion retarde légèrement la transmission des petites corrections de volant. À rythme élevé, la forte lamellisation augmente aussi le mouvement interne de la gomme et donc la production de chaleur dans les pavés centraux.
La répartition irrégulière des formes — pavés obliques d’un côté, éléments allongés au centre et blocs plus larges de l’autre — évite que tous les contacts avec la chaussée se produisent simultanément. Elle tend à étaler les impulsions sonores, même si les canaux circonférentiels continus peuvent conserver une composante tonale sur certains revêtements réguliers.