Le CN36 se distingue par un rapport périmètre/surface élevé: chaque petit pavé anguleux expose plusieurs arêtes, alors qu’une sculpture à bandes pleines concentrerait davantage de gomme dans de longues zones ininterrompues. Cette géométrie procure de nombreuses prises mécaniques lors des efforts de freinage et de motricité sur chaussée sèche. Elle rend toutefois la réponse tributaire de la tenue de ces arêtes: leur arrondissement progressif réduit davantage l’efficacité du motif qu’il ne le ferait sur de gros éléments peu découpés.
Les décrochements en forme de marches ne créent pas de simples blocs rectangulaires indépendants. Les saillies d’un pavé font face aux renfoncements du pavé voisin, ce qui répartit l’effort entre plusieurs orientations. En appui latéral, cette imbrication limite le basculement libre de chaque élément. Les angles rentrants et les étranglements qui en résultent constituent néanmoins des zones où la déformation se concentre, avec un potentiel d’échauffement local et d’usure préférentielle autour des extrémités de rainures.
La faible densité de lamelles laisse à chaque pavé un noyau de gomme relativement intact. Le motif conserve ainsi plus de rigidité qu’un dessin composé de blocs de taille comparable mais abondamment incisés. Cette caractéristique favorise la cohésion des éléments lors des sollicitations soutenues, au prix d’un nombre limité de micro-arêtes mobilisables sur les surfaces froides, lisses ou faiblement adhérentes.
Les épaules associent une proportion de gomme assez importante à des entailles anguleuses. Sous l’effort transversal, les secteurs relativement continus portent l’essentiel de la charge tandis que les découpes autorisent une petite adaptation locale. Le passage d’un secteur à l’autre est moins uniforme que sur une épaule pleine: les bords des entailles peuvent se charger davantage et s’arrondir plus rapidement en conduite fréquemment appuyée.
Enfin, le caractère répétitif du zigzag influence directement la signature vibratoire. Le décalage des arêtes évite qu’une barre droite entière frappe la chaussée au même instant, ce qui étale une partie des impulsions. La répétition régulière des mêmes petites cellules peut cependant maintenir une tonalité identifiable à certaines vitesses, surtout lorsque les arêtes commencent à présenter des niveaux d’usure différents.