Le Cinturato P7 SI repose sur une architecture où la gomme est organisée en bandes relativement étroites, séparées par quatre canaux parallèles. Cette division multiplie les arêtes orientées dans le sens de rotation, mais elle laisse moins d’arêtes franchement transversales qu’un dessin à blocs obliques ou à chevrons. À l’arrêt, la sculpture présente donc une forte continuité circonférentielle, associée à une capacité d’accrochage transversal plus limitée sur les surfaces meubles ou très irrégulières.
Les nervures médianes conservent des ponts de gomme continus entre leurs fines incisions. Leur section résiste ainsi mieux au cisaillement longitudinal qu’une rangée de petits pavés indépendants. Cette assise favorise une réponse directe aux petites corrections de volant et limite le flottement de la bande de roulement à vitesse soutenue. En contrepartie, les éléments centraux étroits bordés de part et d’autre par des rainures concentrent une partie des contraintes sur leurs arêtes. Les lèvres de ces canaux peuvent alors s’arrondir progressivement lorsque les freinages ou les accélérations imposent des efforts répétés.
La densité moyenne d’entailles constitue ici un compromis nettement estival: elle ajoute quelques arêtes transversales sans découper les nervures en une multitude de segments souples. Le centre conserve donc une cohésion appréciable sur revêtement sec. Cette configuration offre toutefois moins de possibilités d’ancrage dans la neige, la boue ou les gravillons qu’une sculpture fortement lamellisée et orientée transversalement.
Les épaules semi-continues comportent davantage de gomme pleine que des épaules ouvertes à gros intervalles. Elles forment ainsi une assise latérale assez homogène lorsque la charge se déplace vers l’extérieur du pneu en courbe. Le revers de cette fermeture est une moindre communication transversale entre les canaux principaux et les bords de l’empreinte. Lorsque le pneu roule avec un angle de dérive sur une chaussée très détrempée, l’eau franchit donc moins facilement les bandes d’épaulement par des passages latéraux directs.
Enfin, les quatre rainures presque rectilignes et les nombreuses arêtes qui leur sont parallèles peuvent rendre le pneu perceptible sur les revêtements rainurés longitudinalement. Les nervures tendent alors à suivre les stries de la chaussée, ce qui peut demander de petites corrections au volant. Sur un enrobé homogène, cette même continuité longitudinale réduit au contraire les mouvements parasites des éléments centraux et donne une sensation de guidage plus stable.