L’observation montre un dessin directionnel organisé autour de quatre rainures longitudinales visibles. Entre celles-ci, le centre n’est pas constitué d’une côte monolithique: il associe des pavés allongés et inclinés, séparés par des découpes diagonales qui composent des chevrons ondulés. Cette partition en bandes relativement étroites rend la rigidité du centre anisotrope. Chaque pavé conserve davantage de matière dans son axe longitudinal que perpendiculairement aux entailles; il résiste donc différemment selon l’orientation de l’effort. Les pointes formées à l’intersection des découpes obliques et des sillons longitudinaux restent toutefois plus sollicitées que le corps des pavés.
Les quatre sillons longitudinaux fractionnent fortement la couronne. Cette géométrie lui laisse une certaine aptitude à épouser les petites irrégularités, mais elle réduit le nombre de ponts de gomme capables de solidariser transversalement les rangées centrales. Le comportement mécanique dépend donc davantage de la forme allongée des pavés et de leurs liaisons résiduelles que sur une sculpture dominée par des bandes pleines.
La lamellisation est de densité moyenne et se concentre sur plusieurs éléments intermédiaires ainsi que sur les épaules. Elle ajoute des arêtes sans transformer les pavés en petits segments très mobiles. En contrepartie, chaque lamelle diminue localement la section résistante de l’élément qui la porte et crée deux lèvres susceptibles de se déplacer l’une par rapport à l’autre. Les extrémités fermées de ces fines découpes constituent également des points de concentration des contraintes.
Les épaules se distinguent par des pavés allongés, presque continus, interrompus par de courtes entailles transversales obliques. Cette disposition conserve une réserve de matière importante près des flancs, utile face aux frottements ponctuels contre les bordures. Les fonds de ces entailles courtes peuvent néanmoins subir des sollicitations répétées, car la déformation ne peut pas se répartir dans un canal transversal entièrement ouvert.
En roulage, l’inclinaison alternée des pavés fait entrer leurs arêtes dans l’empreinte selon une séquence décalée. Les rangées ne sont donc pas chargées simultanément comme le seraient des barrettes strictement transversales; cela peut atténuer les variations instantanées d’effort vertical sur les revêtements finement granuleux. Le dessin impose cependant un sens de rotation: une inversion compromettrait cette séquence et modifierait le travail des arêtes incurvées.
Sous le couple moteur, les pavés centraux obliques sont soumis à une combinaison de cisaillement et de torsion. Cette mobilité favorise une montée en température assez rapide de leurs lèvres, mais elle peut aussi arrondir progressivement les arêtes diagonales et créer un différentiel d’abrasion entre l’entrée et la sortie de chaque pavé. Les lamelles intermédiaires ajoutent leur propre cycle d’ouverture et de fermeture; leur densité modérée limite cette mobilité sans la supprimer.
La symétrie des chevrons tend enfin à opposer les composantes latérales produites par les rangées gauche et droite. Cet équilibre dépend de la conservation d’un état comparable des deux moitiés de la bande: une différence d’abrasion ou de charge entre les côtés peut rendre perceptible une poussée résiduelle. Aux épaules, la forte proportion de gomme et les entailles courtes limitent les échanges thermiques internes; lors d’efforts prolongés, cette zone peut accumuler davantage de chaleur que les bandes centrales plus découpées.