Le F105 privilégie une architecture très ordonnée dans le sens de roulement. La succession de pistes longitudinales produit une empreinte géométriquement stable: chaque bande travaille principalement dans son propre axe, avec peu de liaisons obliques entre le centre et les épaules. Cette disposition favorise un guidage régulier sur chaussée lisse, mais peut aussi rendre le pneu plus sensible aux raccords de revêtement et aux ornières parallèles à la trajectoire.
Les éléments centraux étroits possèdent une section de gomme moins résistante à la flexion que les pavés extérieurs. Lors des accélérations et des freinages, leurs découpes créent des arêtes utiles à la transmission des efforts longitudinaux, au prix de petits mouvements internes. Cette mobilité peut arrondir progressivement les arêtes centrales lorsque le pneu subit fréquemment un couple élevé.
Les pavés d’épaule, plus volumineux, constituent la partie la plus résistante au cisaillement latéral. En virage, ils offrent donc un appui plus ferme que les bandes centrales étroites. Leurs entailles transversales interrompent cependant cette rigidité: elles permettent aux bords des pavés de mieux suivre les petites aspérités, mais autorisent aussi une légère torsion sous forte charge latérale.
La différence de rigidité entre centre segmenté et épaules plus massives donne un comportement potentiellement progressif: le centre commence à se déformer avant que les épaules ne reprennent pleinement l’effort. En contrepartie, cette répartition peut produire des vitesses d’usure distinctes entre les petites unités centrales, sollicitées par le couple moteur et le freinage, et les pavés extérieurs, davantage chargés lors des changements d’appui.
Enfin, l’absence de chevrons marqués ou de blocs fortement imbriqués limite l’accrochage transversal sur neige, gravillons ou terrain meuble. La sculpture reste avant tout adaptée aux surfaces routières fermes, où ses bandes parallèles et ses épaules larges peuvent exploiter leur stabilité géométrique.