Le HD668 ne dispose pas d’une longue bande de gomme ininterrompue dans son axe: la transmission des efforts passe par une chaîne d’éléments centraux courts dont les contours s’emboîtent. Cette topologie donne au centre une souplesse locale supérieure à celle d’une nervure pleine. Elle peut mieux épouser les petites irrégularités de l’asphalte, mais elle rend la réponse longitudinale moins immédiate, car chaque pavé doit reprendre puis transmettre l’effort au suivant.
La forme sinueuse des quatre sillons crée des largeurs de gomme variables entre les rangées. Les renflements des pavés constituent des zones porteuses, tandis que leurs extrémités plus étroites agissent comme des charnières. Cette alternance évite que toute une rangée possède la même raideur, mais elle concentre aussi les contraintes à la base des pointes et des angles rentrants. Les étranglements formés entre deux ondulations peuvent en outre retenir plus facilement de petits graviers qu’un canal rectiligne de largeur constante.
La forte découpe des pavés réduit leur section résistante avant même leur entrée dans l’empreinte. À faible sollicitation, cette souplesse permet aux surfaces élémentaires de suivre plus fidèlement la rugosité fine du revêtement. Lorsque les efforts augmentent, les différentes portions d’un même pavé peuvent toutefois se déplacer avec un léger décalage. Le conducteur peut alors percevoir une direction plus progressive que tranchante, avec davantage de mouvement de sculpture lors des accélérations, des freinages ou des changements d’appui rapides.
En roulant, les petits éléments centraux se chargent successivement plutôt que comme une bande unique. Cette succession fractionne la montée de l’effort et peut rendre le passage sur un revêtement granuleux moins abrupt. La contrepartie se situe au niveau des arêtes de sortie de contact: leur glissement relatif répété favorise une usure en talon-pointe sur les pavés inclinés, particulièrement si le véhicule impose un couple élevé à l’essieu concerné.
Les découpes fines travaillent également à chaque tour de roue. Leur ouverture et leur fermeture répétées autorisent une adaptation microscopique à la chaussée, mais dissipent de l’énergie dans les blocs. Sur un trajet rapide et prolongé, cette mobilité peut accroître l’échauffement superficiel et arrondir progressivement les arêtes des petits pavés. À mesure que ces arêtes s’émoussent, la sculpture tend à devenir moins mobile, mais aussi moins apte à épouser les aspérités fines.
Les séparations obliques des pavés d’épaule imposent une entrée dans l’empreinte en biais. L’appui s’établit ainsi par étapes d’un bloc au suivant plutôt que par la prise de contact simultanée d’un bord transversal. Cette progressivité est favorable à une transition douce lors des changements de trajectoire. En revanche, l’orientation diagonale combine cisaillement longitudinal et latéral sur les extrémités des blocs; une conduite répétée sur routes sinueuses peut donc marquer les épaules selon des bandes obliques plutôt que par une abrasion parfaitement uniforme.
Enfin, la géométrie en miroir répartit de façon comparable les rigidités à gauche et à droite. Les composantes transversales produites par les éléments inclinés tendent ainsi à se compenser en ligne droite. Ce choix ne réserve cependant pas une épaule extérieure spécifiquement renforcée comme pourrait le faire une architecture asymétrique: lors d’un appui long, le HD668 sollicite une épaule segmentée identique à celle placée à l’intérieur du virage. Son comportement privilégie donc l’équilibre entre les deux côtés plutôt qu’une spécialisation du bord extérieur.