On observe une architecture très routière, symétrique et presque entièrement orientée dans le sens de rotation: environ sept rainures circonférentielles découpent la bande en une succession de nervures étroites, sans rangées de blocs transversaux. Le rapport entre gomme pleine et creux reste élevé, car les canaux sont étroits à moyens et les incisions demeurent peu nombreuses. La sculpture conserve ainsi une importante continuité matérielle, sans faire reposer la partie médiane sur une seule nervure dominante.
Cette géométrie produit des contacts successifs peu heurtés avec la chaussée. L'absence de pavés indépendants supprime une grande partie des frappes périodiques associées à l'entrée et à la sortie de blocs massifs dans l'empreinte. Le roulement devrait donc générer davantage un souffle continu qu'un grondement rythmé. En contrepartie, les nombreux canaux droits et parallèles peuvent se comporter comme des conduits acoustiques et faire ressortir une tonalité régulière sur certains revêtements.
La forte orientation longitudinale peut également rendre le pneu sensible aux raccords, rainures de chantier et ornières parallèles au déplacement. Plusieurs nervures étroites peuvent s'engager simultanément dans ces reliefs, ce qui est susceptible d'entraîner de petites sollicitations au volant sur une chaussée fortement marquée.
Les épaules restent arrondies, continues et seulement ponctuées de petites incisions. Ce bord fermé évite le martèlement caractéristique des épaules composées de gros blocs séparés. Il confirme toutefois la spécialisation asphaltique de l'AL10: en terrain meuble, l'absence de sorties transversales importantes limite le débourrage latéral. La faible densité d'arêtes et l'absence de blocs saillants rendent également cette sculpture peu appropriée à la neige, à la boue ou aux sols déstructurés.